Courir un triathlon mi distance une semaine avant un Ironman est un pari osé, c’est pourquoi j’ai longtemps hésité à participer au triathlon de Butgenbach. Je me suis finalement inscrit à la dernière minute parce que je me sentais en forme et que j’avais envie de me faire plaisir. J’aime cette région et ses parcours exigeants me conviennent particulièrement bien. C’était également l’occasion de tester la nourriture de course, mon vélo et mon nouvel attirail de compression compressport, bref une sorte de répétition générale avant Nice. L’organisation a décidé à la dernière minute de raccourcir la natation, au vu de la température de l’eau (16°C). Le départ est donné à 9H30. L’eau ne me parait pas trop froide, sans doute parce qu’il fait encore plus frais dehors : 7°C. La natation est relativement facile : il n’y a pas énormément de participants et l’orientation est aisée. Je nage encore tout seul, sauf sur la fin du parcours. Je sors en même temps que Ben Thirot, puis prends le temps d’enfiler une veste pour rouler et m’élance vers la 15ième position sur le circuit vélo. Le début est sinueux et la route est mouillée, la prudence est de mise. Je double quelques concurrents dans cette portion. J’arrive à garder en point de mire un concurrent qui participe en relais, mais le rythme est soutenu. Nous arrivons ensuite sur de larges grands routes, en faux plats. Je double facilement Nico d’Harveng puis Jérôme Hilger Schutz. Voila déjà deux prétendants à la victoire derrière moi, c’est tout bon. J’aperçois toujours le concurrent relais. Il revient sur Daniel Hartkoft, qui s’accroche. Je reviens progressivement sur eux et arrive à recoller dans la descente. Vient ensuite une côte, où un prix spécial est attribué au participant qui aura le meilleur temps de monté. Evidement, je me prends au jeu et je dépasse les deux autres. Mais quelques kilomètres plus loin, ils reviennent et je n’insiste pas. Nous finissons le premier tour à trois. Nous sommes à 2 minutes de l’homme de tête. Peu après, Daniel explose. Nous passons des relais régulièrement et ne changerons pas de rythme jusqu'à la côte où je sprinte de nouveau pour le grimpeur. Comme au tour précédent, je m’échappe mais me fais reprendre dans le faux-plat d’après. Mon compagnon, qui arrive en bout d’effort hausse encore un peu plus le ton. Il me reste encore la course à pied, je le laisse donc partir et prépare ma transition : je bois je mange et commence à enlever mes couches. Je pose donc le vélo en deuxième position du classement individuel, à une minute du premier. Le début de la course à pied est pénible : j’ai les pieds gelés et le parcours, annoncé comme relativement plat, est très cassant. J’aperçois rapidement l’homme de tête et revient dessus petit à petit. Après 5 kilomètres, dans une côte, alors que je ne suis plus qu’à quelques mètres, il se met à marcher. Je ne demande pas mon reste et prends la tête de la course. Pas d’emballement, l’objectif se passe dans une semaine, il faut donc gérer et ne pas se fatiguer. J’adopte donc une foulée économique, je bois, je mange et surveille de temps en temps mes arrières. Tout se passe bien jusqu'à la fin et je remporte le titre de champion francophone longue distance 2010 ! Il faut maintenant penser à bien récupérer pour être en pleine possession de mes moyens pour l’IM de Nice.
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